24 juillet 2008

http://sudaneseonline.com/

Plusieurs articles et interviews de Marc Lavergne consacrés à la situation au Darfour et au Soudan sont consultables en arabe sur le site

22 juillet 2008

Festival International de Géographie de Saint-Dié des Vosges 2008

La 19è édition du Festival International de Géographie se tiendra du 2 au 5 octobre prochain à Saint-Dié des Vosges, comme chaque année. Le thème en est cette année “Entre guerres et conflits, la planète sous tension”, et le pays invité est le Japon.
Marc Lavergne, membre du Comité de pilotage scientifique, y donnera une conférence sur le conflit du Darfour, le 3 novembre. Il organise une table-ronde sur “les guerres comme elles se font”, animée par Alexis Bautzmann, directeur de la revue Diplomatie, à laquelle participeront Philippe Boulanger, Maître de conférences à l’Université Paris-IV, le Dr. Michel Brugière, Directeur général de Médecins du Monde, et le général Vincent Desportes. Il participera également à un café géographique sur les conflits soudanais avec Eric Denis (CNRS, Paris-VII) et Claude Iverné (photographe).
Il sera également chargé d’animer une conférence-débat sur le thème des médias et du traitement de l’information, de leur rôle dans les guerres et les conflits, autour de trois journalistes (Xavier Colin - Géopolis émission télé sur la TSR, Dimitri De Kochko pour l’AFP et Jean-Dominique Merchet pour Libération), le dimanche de 10h30 à 11h45 à l’espace Sadoul.
Retrouvez la présentation complète du FIG sur le site fig-saintdie.com

15 juillet 2008

Interview de marc lavergne (Le Temps, Genève)

Le Temps
Mardi 15 juillet 2008
Le procureur de la CPI accuse le président
du Soudan de génocide au Darfour
Justice

 Luis Ocampo-Moreno demande à la Cour pénale internationale de lancer un  mandat d’arrêt contre Omar
el-Béchir. Il aurait sciemment orchestré le massacre de centaines de milliers de personnes. Les appréciations divergent
Angélique Mounier-Kuhn

Il est le crime d’entre les crimes au
regard du droit international. Omar
el-Béchir, le président du Soudan,
aurait sciemment commis un génocide
au Darfour, selon Luis Moreno-
Ocampo, le procureur de la Cour pénale
internationale (CPI). Il doit en
répondre, ainsi que de crime contre
l’humanité et de crime de guerre, a
estimé l’Argentin lundi à LaHaye.
Son enquête, menée depuis trois
ans à la demande du Conseil de sécurité des Nations unies,
lui a permis de
récolter les preuves de l’élaboration
«d’un plan visant à détruire une
grande partie des groupes four,masalit
et zaghawa (ndlr: les habitants
de la région Darfour, à l’ouest du
Soudan) en raison de leur appartenance
ethnique». Le conflit, qui a débuté
en févier 2003 entre les forces
gouvernementales et les rebelles de
cette région, a coûté la vie à 300 000
Darfouris, suspectés de soutenir ces
derniers, et a forcé près de 2,5 millions
d’entre eux à quitter leurs
foyers, selon l’ONU. Khartoum a toujours
nié la responsabilité, et même
l’existence, de la tragédie, qui
n’aurait fait selon elle «que» 10 000
morts.
 

Réactions planétaires
Il appartient aux trois juges de la
première Chambre préliminaire de
la CPI d’examiner les preuves réunies
par le procureur pour décider oui ou
non de la délivrance du mandat d’arrêt qu’il
requiert. Leurs délibérations
pourraient prendre de plusieurs semaines
à des mois. Mais sans attendre,
l’accusation lancée par LuisMoreno-
Ocampoa suscité des réactions
planétaires. Il faut dire que l’homme
fort de Khartoum est le premier chef
d’Etat en exercice à être ainsi visé par
la jeune CPI. Le Libérien Charles Taylor
et le Yougoslave Slobodan Milosevic
avaient eux aussi été rattrapés
par la justice internationalepour crimes
contre l’humanité et de guerre.
Mais ils l’avaient été par le Tribunal
spécial pour la Sierra Leone et le Tribunal
pénal international pour l’ex-
Yougoslavie, en 1999 et 2003, avant
que laCPIne soitopérationnelle.
Premier à réagir, le Soudan a sans
surprise rejeté «toute décision de la
CPI».Cettedernièreaenrevancheété
applaudie par les organisations de
défense des droits de l’homme, qui
voient en elle les prémices d’une
marginalisation aussi irrémédiable
que souhaitable d’Omar el-Béchir
surlascèneinternationale.«C’estune
excellentenouvelle, se réjouitAbdelbagi
Jibril, responsable à Genève du
Centre aide et documentation sur le
Darfour. La justice internationale est
passée à l’action. Elle a montré que
les crimes commis au Darfour
étaient très graves, qu’ils relèvent du
génocide.» «Après des années de léthargie,
laCPI est à lahauteur de son
mandat. Elle ne se contente plus de
pourchasser les seconds couteaux»,
enchaînaitpour sapart PhilipGrant,
directeur de l’ONG genevoise Track
ImpunityAlways (Trial).
BraquerKhartoum
Lamise à l’indexd’Omar el-Béchir
par le procureur de la CPI n’en soulève
pas moins de très sérieuses objections.
«A court terme, les Darfouris
vont faire les frais de cette
décision. Elle va braquer Khartoum,
qui va se durcir, et les rebelles vont
essayer d’en profiter pour repartir à
l’offensive. Il va devenir très difficile
de travailler auDarfour et ledéploiement
de laMinuad (ndlr: la force de
maintiende lapaixONU-Unionafricaine)
va être gelé», commente Roland
Marchal, chercheur du CNRS
basé à Sciences Po Paris. LaMinuad a
en effet indiqué hier qu’elle allait
évacuer sonpersonnelnonessentiel.
Très préoccupé ces derniers jours
parde tels risques, le secrétairegénéral
de l’ONU, Ban Ki-moon, a déclaré
hier que son institution «respectait
l’indépendance du processus judiciaire
». Dans le même élan, il a exhorté
le gouvernement du Soudan à
«continuer à coopérer pleinement»
età«remplirsonobligationd’assurer
la sécurité des personnels et des
biens de l’ONUsur son territoire». La
semainepassée,septsoldatsdelaMinuad
ont péri dans une embuscade,
attribuée à des miliciens arabes, la
plus grave depuis le début de son
déploiement enjanvier.
En s’immisçant dans la crise du
Darfour, le procureur rend «la possibilité
d’un règlement politique plus
lointaine que jamais», poursuit Roland
Marchal. Mais Luis Moreno-
Ocampo n’en est pas à sa première
initiative concernant le Soudan. En
avril 2007, il a exigé la livraison de
deux de ses dignitaires, dont le ministre
délégué aux affaires humanitaires.
Envain. «Cette inculpationn’a
pas eu les effets escomptés. C’était
clairementunegiflepour laCPI, souligne
PierreHazan, auteurde Juger la
guerre, juger l’Histoire.Enlaissantpasser
ce laps de temps, Luis Moreno-
Ocampo a laissé sa chance à la paix.
Mais rien n’a bougé.» Par ailleurs,
«quel est le bon calendrier, s’interrogel’OugandaiseBettyBigombe,
de
l’Institut des Etats-Unis pour la paix,
quandonparled’undrame quidure
depuis si longtemps?»
Omar el-Béchir. Premier chef d’Etat
en exercice à être visé par la CPI.
KEYSTONE
Omar el-Béchir, unemarionnette devenue autoritaire
L’homme dirige le Soudan
d’unemain de fer depuis
le coup d’Etat de 1989
Certains le dépeignent comme
unmilitaire sans éclat, limité intellectuellement.
Omar el-Béchir a
pourtant su se maintenir au pouvoir
depuis deux décennies. Né en
1944 dans une famille paysanne du
nord du pays, le président soudanais
a rejoint très tôt les rangs de
l’armée. En 1973, il combat Israël
aux côtés des troupes égyptiennes.
En 1989, il dirige la junte qui s’empare
de Khartoum. Quelques-uns
affirmentqu’ilest choisiparHassan
al-Tourabi – commandeur des coulisses
à la tête du Front islamique
national – parce qu’il apparaît
pieux et inoffensif.
Pieux, il l’est peut-être. Inoffensif,
personne n’y croit plus vraiment. A
peine les autorités renversées,Omar
el-Béchir instaure l’état d’urgence et
suspend toutes les libertés. Un Conseil
de commandement de la révolution
(RCC) et un gouvernement
de salut national sontmis en place.
Le RCC est dissous en 1993, le militaire
autoproclamé président de la
République. Purges, arrestations et
tortures sontmonnaie courante.
Audébutdesannées1990, leSoudan
devient terre d’accueil des courants
islamistes. C’est à ce moment-
là qu’Oussama ben Laden élit
domicileàKhartoum.Lemaîtred’Al-
Qaida sera prié de quitter le pays en
1996, après des pressions américaines.
La même année, décidément
soucieux de préserver les apparences,
Omar el-Béchir est officiellement
«élu» chef de l’Etat soudanais.
Maismêmedans l’ombre,Hassanal-
Tourabi prend trop de place; l’exéminence
grise est incarcérée en
2001 pour avoir fomenté un coup
d’Etat. Omar el-Béchir applique la
charia et fustige les Etats-Unis, en
même temps qu’il commence à
commercer avecWashington.
Personnage «unpeufruste»
En 2005, le président surprend la
communauté internationale en signantunaccorddepaixquimetfinà
larébellionauSud-Soudan.Unepartie
des négociations menées porte
sur l’organisation d’un référendum
d’autodétermination en 2011. Une
perspective effroyablepour cenationaliste
chatouilleux. Depuis 2003,
un autre conflit embrase le Darfour,
à l’ouest du pays. Il est reproché au
chefde l’Etatd’avoir, aumieux, laissé
faire le massacre, au pire, orchestré
un génocide. Peu d’éléments circulent
sur la psyché et la vie privée du
personnage.Onditl’hommefier,impétueux
et irritable.Onsaitqu’il a eu
deux femmes,mais pas d’enfants. «Il
est un peu fruste, mais beaucoup
plusmalin que ce que l’on veut bien
dire», confie un analyste à la BBC.
«El-Béchir est loin d’être brillant, estimede
soncôtéMarc Lavergne, spécialiste
du Soudan. Il est sous contrôledepuisledébut.
Sonseulmérite
est d’avoir toujours été du bon côté
dans les luttes de pouvoir. Même le
Darfour est le produit d’un système
collectif.» La Cour pénale internationale
tranchera.Caroline Stevan
CPI fondée en 2002
La Cour pénale internationale
(CPI) est le premier tribunal permanent
chargé de juger les auteurs de
génocide, de crimes contre l’humanité
et de crimes de guerre. La CPI,
dont le siège est à LaHaye, est
devenue une réalité le 1er juillet
2002, après la ratification du Traité
de Rome par 60 Etats. Elle compte
106 Etats parties. La CPI est présidée
par le juge canadien Philippe
Kirsch. Elle compte 18 juges.
Contrairement aux tribunaux «ad
hoc» créés pour juger les crimes
commis pendant un conflit déterminé,
comme le TPIY (ex-Yougoslavie)
ou le TPIR (Rwanda), la CPI a
une compétence intemporelle.
Elle peut être saisie par des Etats
signataires du Traité de Rome. Son
procureur peut également prendre
l’initiative de se saisir d’une affaire.
Dans ces deux cas, la juridiction de
la Cour ne peut s’exercer que sur le
territoire d’un Etat partie prenante
au statut de Rome. Sa juridiction
s’exerce quelle que soit la nationalité
de l’auteur supposé des crimes.
Le Conseil de sécurité de l’ONU
peut également saisir la Cour. Dans
ce cas, la juridiction de la CPI peut
s’étendre à un Etat qui n’est pas
partie prenante du statut. C’est le
cas pour l’enquête au Darfour. La
juridiction n’est pas rétroactive. La
CPI ne peut donc juger que des
crimes commis après le 1er juillet
2002. AFP

10 juillet 2008

Table-ronde des ONG françaises consacrée à la situation au Sud-Soudan

Marc Lavergne a animé le 10 juillet, lors d’une visite à Paris, aux côtés de Rachid Saïd Yacoub, journaliste soudanais, une table-ronde consacrée aux conditions de l’action humanitaire au Sud-Soudan. Cette table-ronde, organisée dans les locaux de Médecins du Monde, à l’initiative du Dr Jérôme Larché, responsable du Département Soudan de cette organisation, a réuni des représentants de Médecins du Monde, de Solidarités, d’Amnesty International, du Secours catholique, du Secours Islamique, du CICR, d’Action Contre la Faim, de Christian Aid et de Care Sudan International.
Elle a permis durant 4 h d’exposer le contexte actuel marqué par une défiance croissante des autorités centrales et du SPLM, avec des crises qui s’intensifient et se multiplient à l’approche des élections générales prévues en 2009. Les conditions de l’intervention dite d’urgence ou de développement ont été débattues de manière ouverte, permettant d’envisager une réflexion approfonde sur la légitimité et l’efficacité de l’action humanitaire aujourd’hui.

23 juin 2008

Nomination à la direction du CEDEJ au Caire

Marc Lavergne a été nommé à la tête du Centre d’Etudes et de Documentation Economiques, Juridiques et Sociales (CEDEJ) au Caire. Il a pris ses fonctions sur place le 23 juin. Sa mission est de rendre à cet établissement, un Institut Français de Recherche à l’Etranger (IFRE) sous tutelle du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) et du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, dynamisme et rayonnement, en Egypte et dans le monde arabe, comme en France et en Europe, grâce à des partenariats actifs avec les institutions d’enseignement supérieur et de recherche dans le pays d’accueil, et avec les acteurs économiques et sociaux présents en Egypte et dans la région.

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